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Nos communes d’origine
Article paru dans "Le Courrier" du
26.8.2010
Citoyens suisses, nous sommes
tous originaires d’une des quelque 3000 communes du pays. C’est écrit
sur nos passeports et c’est souvent le nom d’un village parfaitement
inconnu, dans un canton où l’on va peu. C’est que notre "origine" se
fixe au milieu du 18e siècle.
Un de nos ancêtres vivait là. Et avec
l'obligation faite aux communes d’enregistrer leurs citoyens, le
"Quartier" de l’époque qui élevait famille aux Brenets, s’est vu imposer
ou confirmer cette origine.
Me voilà donc des Brenets sans jamais y
avoir habité, ni les trois générations précédentes.
Dans les villages ruraux,
transmission des domaines oblige, il y a une plus grande stabilité.
Par exemple à Ecoteaux sur les 125 noms de
familles recensés dans
l’annuaire téléphonique, on trouve huit
patronymes originaires de la commune: six enregistré avant 1800, un au
19e siècle et un dans
les années cinquante (1).
C’est dire le mélange des origines auquel
on assiste.
Si du point de vue sociologique, la commue d’origine
a perdu du poids sous l'influence du brassage des
populations,
il en est de même pour son rôle
administratif. Les registres d’état civil sont informatisés et
centralisés. L’assistance sociale qui était autrefois son apanage
n’existe plus depuis cinquante ans.
Alors la commune d’origine
est-elle à verser au rayon des vieilles lunes? On en est loin! Car si
pratiquement cette "origine" ne sert plus à grand chose, elle reste
importante du point de vue politique et
sentimental.
Droit de cité
Comme dit plus haut chaque
citoyen est originaire d’une commune. C‘est même écrit dans
la Constitution qui précise à l’article 37
"A la citoyenneté suisse toute personne qui possède un droit de cité
communal et le droit de cité du canton."
Par "droit de cité", il faut entendre les divers
droits et devoirs du citoyen : droits politiques, liberté
d’établissement, service militaire obligatoire, impossibilité d’être
expulsé ou extradé du pays, protection diplomatique à l’étranger. Ainsi
pour être Suisse à part entière, il faut avoir une commune d’origine et
être d’un canton. Ce qui n’existe pas à l’étranger où l’on est Français
avant d’être Normand.
Cette enracinement de la
citoyenneté dans le local plutôt que dans le national a sa source dans
l’organisation politique d’avant la Suisse
moderne, où l’on était d’une ville ou d'une vallée avant d’être d’un
pays. Ceci demeure dans les esprits d’où la remarquable stabilité du
principe de la
"commune d’origine".
L’amour des origines
Un telle densité historique a
forcément une composante sentimentale, qui fait que l’on parle avec
plaisir de ses origines.
En ce temps de fusion, cela n’a pas échappé
à Dominique Baettig, conseiller national UDC du Jura. Il a posé une
question en ces termes au Conseil Fédéral, le 17 juin dernier.
"Pour des raisons
sentimentales et identitaires respectables, des citoyens s'inquiètent de
perdre automatiquement le rattachement au nom de leur lieu d'origine,
droit de cité de la commune d'origine, qui disparaît en cas de fusion de
commune. Qu'en est-il? Y a-t-il des exceptions? Une modification de la
Loi fédérale serait-elle envisageable pour permettre l'option possible
du maintien de l'attachement sentimental au nom du lieu d'origine? "
Bien vu! C’est en effet une question très souvent
posée et l’on attend avec intérêt la réponse du Conseil fédéral.
Pour l’heure, les familles du cru doivent faire leur
deuil d’une origine qui pour
elles est plus concrète que pour les citoyens venus d’ailleurs. Un deuil
relatif toutefois car si la fusion passe, les bourgeois des villages
seront toujours pour la communauté locale bourgeois des Tavernes, d’Ecoteaux,
de Palézieux ou de Châtillens, même si ces noms ne figurent plus sur
leur passeport. Quant au
douanier d’outre-mer savoir que la Suisse existe et pour lui déjà un
effort. Alors les Thioylères, Chesalles-sur-Oron, ou Oron, voyez
l’affaire !
Claude Quartier
(1) Selon le Répertoire des familles suisse de 1962
ce sont les Beroud, Chollet, Cusinay, Favre, Serex, Sonnay, Boudry,
Rosselet.
Pour la
commune à naître, un nom et un blason
Article paru dans "Le Courrier" du
14.5.2010
Oron et le
lion d'or
(Suite
au retrait de la commune de Maracon, le nombre de billettes a été réduit
à 10)
Les délégués des communes ont dit oui à une très
large majorité au nom d'Oron et accepté les armoiries "De gueules au
lion accompagné de dix billettes posées en orle, le tout en or". (1).
Ainsi la commune à naître a un nom et un blason.
Oron ou
Haute-Broye
Le comité de pilotage (Copil)
composé des onze syndics avait proposé à la population le nom d'"Oron"
tout en laissant la discussion ouverte. Sur 2300 tous ménages expédiés,
à peine une vingtaine de retours ont été enregistrés. Signe que la
proposition n'a pas mis le feu aux poudres. Un groupe de citoyens de
Palézieux, émanant des milieux sportifs, a fait une proposition
intéressante. "Appelons
la commune Haute-Broye.
C'est un nom explicite du
point de vue géographique car la Broye traverse sept de nos onze
communes. Le nom est neutre du point de vue politique, enfin la
Haute-Broye est connue sur tous les stades du canton." Une pétition
portant 219 signatures a été remise au Copil pour demander que cette
proposition soit soumise au vote.
La syndique d'Ecoteaux,
Anne-Marie Delley, a plaidé pour "Oron". "La commune à venir a un
potentiel de développement économique et démographique plus orienté vers
Lausanne et la région lémanique que vers la Broye. Le nom d'"Oron"
est connu de tous les habitants du canton.
En l'adoptant, nous bénéficions d'un bon acquis. D'autre part, "Oron"
décrit depuis toujours la région englobant Oron-la-ville, Palézieux et
les villages avoisinant. Le district d'Oron puis de Lavaux-Oron en est
la preuve."
La discussion a été animée. D'un côté, on évoquait la
géographie et de vieilles blessures qui faisaient des gamins de
Palézieux les "p'tis bouseux" d'Oron. De l'autre, on insistait sur
l'ambition de la nouvelle commune qui veut s'imposer sur la carte du
canton. Les délégués ont tranché en faveur d'Oron, tout en affirmant
leur soutien aux sportifs de Haute-Broye qui contribuent au renom de la
région.
Un lion bien
membré
Les armoiries ont aussi été soumises au vote. Comme
on entre ici dans le domaine rigoriste de l'héraldique et subjectif de
la sensibilité artistique, le Copil a présenté aux délégués deux
variantes du même projet conçu par Olivier Delacrétaz.
Dans les deux, le lion de la seigneurie de Palézieux
se dresse toutes griffes dehors, gueule béante et puissamment membré, au
centre du blason bordé soit de lunes en référence à Oron, soit de
"billettes" , qui sont ces pièces en forme de rectangle, faisant
référence à de petites pièces d'étoffe reliées par des rubans et portées
par des moines sous les nom de "scapulaire". Les billettes ont plu.
Ainsi Oron-la-Ville a le nom,
Palézieux le lion, les onze communes les billettes. Bonne synthèse, que
les délégués ont entérinée sans difficulté.
Cl.Q.
(1) Résultats
des votes.
Pour le nom "Oron",
10 communes acceptent et Maracon
s'abstient. Au nominal: 76 voix pour "Oron", 4 pour Haute-Broye 4, 3
abstentions.
Pour les armoiries variante "billettes", 6 communes
acceptent, 5 préfèrent les croissants. Au nominal: 39 pour les
billettes, 37 pour les croissants, 5 s'abstiennent.
Tous ménages de mi-février 2010

Fusion: quel nom pour la future commune?
Article paru dans "Le Courrier" du
18.2.2010
Le débat est lancé
Cette semaine, les 2300 ménages
de la région d'Oron ont reçu un dépliant soumettant à consultation le
nom de la commune à naître proposé par le comité de pilotage
(Extrait ci-dessus). Le
dépliant est assez explicite pour que nous ne revenions pas sur la
proposition d' "Oron". Le débat est lancé. Remarques et suggestions sont
les bienvenues jusqu'au 15 mars.
Rappelons simplement que le nom choisi n'implique
nullement la suppression des noms de villages qui resteront ce qu'ils
sont. Si Oron devait être le nom retenu, on aurait sur le panneau
d'entrée de localité: Palézieux (commune d'Oron), Vuibroye (commune
d'Oron) et ainsi de suite.
Pour les armoiries, il n'y
aura pas de consultations populaires car l'héraldique est un art
obéissant à des règles très strictes qu'il faut parfaitement connaître
pour concevoir un blason significatif pour
la région. Ce
travail a été confié à Olivier Delacrétaz, dont les compétences et les
expériences en la matière sont reconnues. Il devrait présenter un
premier projet
au comité de pilotage fin février.
Fin mars, le nom et les armes de la commune à naître
devraient être connus ainsi que les partenaires définitifs à cette
grande aventure. Le Conseil de Maracon devait débattre de sa
participation à la fusion ou non dans sa séance du jeudi 18 février.
Le nom de la nouvelle
commune Article paru dans "Le Courrier" du
25.3.2010
Pourquoi
Oron ?
Mi février, un tous ménages
était adressé aux habitants de la région d'Oron pour réfléchir au nom de
la nouvelle commune. Le Comité de pilotage (Copil) composé des onze
syndics proposait tout simplement "Oron" car le nom était ancien,
fédérateur pour la région (district d'Oron, région d'Oron)
et familier à la population vaudoise.
C'était l'idée du comité mais il désirait la soumettre à la population.
Délai fixé pour d'autres
suggestions: lundi 15 mars. Résultat: une quinzaine de lettres sont
parvenues aux différentes municipalités. Premier constat: quinze
réponses sur 2500 envois,
la
proposition du Copil ne soulève pas de vagues. "Qui ne dit mot consent",
si tel est le cas, on peut admettre que la proposition du comité passe
bien la rampe.
Les suggestions suivantes on
tété faites: Paloron, Oron-Palézieux, OronChâteau, Châtel d'Oron,
En Monts d'Oron, Haute-Broye. Tous les noms
contenant "Oron" ont semblé quelque peu artificiels. Autant appelez un
chat un chat et Oron, Oron!
Débat autour de la Haute-Broye
Pour la Haute-Broye, la discussion a été plus serrée.
Le nom est intéressant en ce sens qu'il est bien implanté dans la
région, grâce aux sociétés sportives locales qui évoluent sous ce
patronyme sur tous les terrains. Selon un correspondant: "ces sociétés
seraient fiers de pouvoir représenter le Nom de leur commune aux quatre
coins du canton".
Dans les milieux sportifs, "Haute-Broye" est connu
bien au-delà de la région, sans toutefois être clairement identifié
géographiquement. Le découpage des districts crée une confusion. Le
district de la Broye-Vully vient jusqu'à Lucens et Moudon et dans
l'esprit des gens, la Haute-Broye peut concerner plutôt ces communes que
celles de la région d'Oron.
D'autre part, la nouvelle commune de Bourg-en-Lavaux
fait référence par son nom au district de Lavaux-Oron. Il semble
intéressant pour affirmer l'appartenance de la nouvelle commune à ce
district, plus tourné vers le bassin lémanique que vers la Vallée de la
Broye, d'adopter la même politique en faisant référence à "Oron".
Un autre correspondant a
remarqué que le choc d'une double dénomination n'était pas très heureux:
Oron-le-Châtel (commune d'Oron), Oron-la-ville (commune d'Oron),
Chesalles-sur-Oron (commune d'Oron), Bussigny-sur-Oron (commune d'Oron).
Pour les deux premiers noms, on peut les comprendre comme désignant une
partie bien distincte de la grande commune, ce qui n'est pas gênant.
Pour les deux derniers, il y a une certaine redondance.
Finalement, toutes discussions faites et au vu de
l'acceptation tacite de la population, le comité décide de
maintenir sa proposition et de baptiser "Oron" la
commune à naître. Il espère que ce choix forcément subjectif pour une
part sera compris par
la population. Il remercie les personnes qui ont fait
part de leurs suggestions.
Claude Quartier
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